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Le jeu de rôle

UN OUTIL POUR LA FORMATION : LE JEU DE RÔLE

Le jeu rôle s’inscrit parmi l’ensemble des activités de jeu qui servent de levier pour les apprentissages. A ce sujet, voir le dossier de la VST. qui examine l’intérêt pédagogique des situations de jeu.

Le jeu de rôle est une situation d’apprentissage qui relève des situations-problèmes (“structure invariante  caractérisée de manière ternaire par le projet, l’obstacle et les ressources, avec, toujours au cœur du dispositif, un obstacle qui n’est pas forcément repérable par l’élève mais qu’il convient que celui-ci franchisse pour acquérir ou réinvestir une notion”.voir Meirieu).

 

 

Rappel des distinctions entre psychodrame, jeu théâtral et jeu de rôle.

(Notes à partir d’un article du Guide des méthodes et pratiques en formation, de E. Marc et J. Garcia-Locqueneux)

 

C’est sous l’influence de Moreno que le jeu improvisé, jusque là circonscrit au champ théâtral, a été utilisé dans les milieux de l’éducation et de la thérapie. Ses recherches et ses pratiques s’inscrivent d’emblée dans le décloisonnement entre ces 2 orientations, comme en témoigne son « Théâtre impromptu » (1927).

Dans ce cadre, il met au point la technique du psychodrame, soignant un couple en leur proposant de jouer des scènes de conflits. La notion de catharsis explique l’effet libérateur et par là même thérapeutique du jeu improvisé. En décidant de jouer des attitudes et des comportements qui habituellement, lui font peur, qu’il subit, réprime ou qui lui échappent, l’individu s’en rend maître et s’en libère. Par l’improvisation l’individu retrouve sa créativité, sort du carcan des rôles appris, retrouve cette force vive de l’individu parfois étouffée par les impératifs sociaux. Mais la situation de jeu est non réelle puisque les protagonistes s’engagent dans un travail de transposition dans lequel les rôles qu’ils prennent représentent ceux de leur vie réelle (ou ceux qu’ils aimeraient avoir ou ceux qu’ils redoutent d’avoir) sans être leur rôle réel Et puis les protagonistes de l’action étant différents de ceux auxquels il est confronté dans la réalité, de nouvelles rencontres s’opèrent  et prennent un sens forcément différent de la situation initialement proposée. Ainsi le jeu dramatique et le psychodrame de Moréno ont de nombreux points communs.

Le psychodrame morénien et le jeu dramatique ont de nombreux points communs, en particulier l’accent mis sur la spontanéité, la créativité, l’exploration de rôles variés, l’importance de l’agir mais 2 points essentiels les distinguent :

  • Le style d’animation : l’animateur d’une séance de psychodrame est qualifié pour le faire et est directif, donne son avis sur ce qui est interprété, peut venir jouer un des personnages, explore le ressenti des personnes en rapport avec leur histoire…
  • Les usages : le psychodrame a une visée thérapeutique

Le jeu de rôle : quand le jeu n’a pas une visé thérapeutique mais que les situations portent sur les rôles sociaux et les interactions de rôles dans la vie professionnelle, lors d’entretien d’embauche, à l’école, on parle de jeu de rôle. La mise en situation provoquée par le jeu de rôle favorise, au delà de ce qui permettrait la simple évocation verbale, non seulement le repérage de situations problématiques, mais leur traitement. Les participants s’aperçoivent en particulier que leurs attitudes ne correspondent pas à leur discours : tel cadre par exemple qui prône la participation de ses collaborateurs aux décisions découvre dans le jeu qu’il adopte des comportements autoritaires et qu’il ne supporte pas la contradiction. Tel autre qui affirme qu’il faut savoir prendre des responsabilités, s’aperçoit que dans des situations conflictuelles, il est fuyant et indécis. A travers la succession des jeux, les participants découvrent progressivement qu’ils s’enferment dans un nombre réduit de rôles, plus ou moins rigides, qui correspond mal à la diversité de situations qui s’offrent à eux. Ils s’aperçoivent aussi qu’ils ne perçoivent pas toujours correctement les rôles d’autrui. Ils peuvent alors essayer des rôles nouveaux plus appropriés aux contextes interactionnels et sociaux qui sont les leurs. Le jeu de rôle permet un meilleur ajustement à la réalité sans atteindre les niveaux profonds de la personnalité.

Le jeu dramatique vise l’apprentissage du langage théâtral, il s’inscrit dans une démarche d’éducation artistique. Il se distingue donc nettement du jeu de rôle, un outil au service de la formation aux compétences psychosociales, et qui se garde toute visée thérapeutique.

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PSYCHODRAMEVisée : analyse JEU DE RÔLEVisée : maîtrise des situation de communication JEU DRAMATIQUEVisée : éducation artistique
CENTRAGE SUR L’INDIVIDUMoreno  :  Le héros (ou protagoniste) exprime ses véritables sentiments avec l’aide de tous les personnages nécessaires à l’action et qui lui donneront la réplique.

Les rôles constituent les modalités de l’engagement de la personnalité dans ses entreprises. (rôle = ce dans quoi le moi se trouve directement impliqué, et non rôle dramatique).

CENTRAGE SUR LA SITUATION DE COMMUNICATION La proposition de scénario de l’animateur vise à analyser les ressorts d’une situation de communication, et à s’éprouver soi-même dans ces situations.

L’accent est mis sur les différentes aspects de la communication interpersonnelle. Les rôles sont interchangeables.

CENTRAGES SUR LE LANGAGE THÉÂTRAL…Le jeu dramatique vise d’une part l’expérience de la poésie du corps, d’autre part l’acquisition de nouveaux codes, et une réflexion sur la théâtralité dans un travail d’appropriation de formes contemporaines qui permettent de changer le regard sur le monde.

… ET SUR LE GROUPE SOCIAL

Le thème du jeu dramatique est décidé par un groupe, et non par un individu. Les rôles sont interchangeables. Le social est au premier plan.

REPRODUCTION DE LA RÉALITÉMoreno  :  En psychodrame, il s’agit de vivre en groupe une situation passée, présente, ou même future, non en la racontant dans un colloque singulier, mais dans une action improvisée… s’appliquant à une situation vécue.

Par une prise de conscience de la situation, le sujet peut se libérer d’un traumatisme en le revivant de façon très intense (catharsis). Il peut aussi se préparer à affronter une difficulté, ou apprendre à tenir des rôles sociaux, ou se sentir plus simplement “à l’aise dans sa peau”. Le psychodrame sert à poser et dénouer des problèmes.

MODÉLISATION DE LA SITUATIONLa situation doit être vraisemblable, ancrée dans la réalité, et de type générique (elle rassemble des caractères communs à plusieurs situations de communication). Elle vise à mettre à jour et régler des difficultés, en conformité avec des objectifs de formation.

C’est la condition de l’implication dans le jeu des “joueurs” en situation d’apprentissage.

ANALYSE DE LA RÉALITÉM.Esslin : Le théâtre est le moyen le plus concret par lequel l’art parvient à recréer les situations et les rapports des hommes entre eux. Cela tient au fait que … la réalité du théâtre se conjugue sur le mode d’un éternel présent, non plus situé ailleurs, mais ici et maintenant… Le théâtre apparaît donc comme une forme de pensée, un processus de connaissance, une méthode qui permet de traduire des concepts abstraits en termes concrets. (Anatomie de l’art dramatique).
IDENTIFICATIONSchutzenberger  :  Dans le psychodrame, on fait comme si, mais on ne fait pas semblant. Le danger serait de tomber dans la théâtralisation, de faire de l’art, car il s’agit non de montrer ou de paraître, mais d’être. DISTANCIATIONLe rapport au réel est analogique.

On fait comme si , et on fait semblant.

L’individu porte un rôle qui n’est pas le sien, mais celui de quelqu’un engagé dans un type de situation.

DISTANCIATIONLe rapport avec le réel est métaphorique. Il y a, au sens brechtien, une mise à distance du réel.

Le jeu dramatique s’efforce de théâtraliser, il existe pour d’autres. Le groupe s’implique dans la construction d’une parole qui l’engage par la création d’espaces-temps métaphoriques.

DIRE VRAI  POUR METTRE A JOURLe psychodrame postule un contrat de thérapie. Il est donc suivi d’une analyse  :  le comportement est commenté et éclairci, pour aider le protagoniste à prendre conscience de ses problèmes. FAIRE VRAI POUR (S’) ÉPROUVERL’évaluation ne porte jamais sur les personnes elles-mêmes, mais sur les capacités personnelles de maîtrise des situations de communication. Refus de l'”analyse sauvage” thérapeutique. FAIRE FAUX POUR DIRE VRAIC’est en revendiquant l’artifice que le jeu devient outil d’analyse du monde.

Pas d’analyse sur le comportement du protagoniste par l’animateur. Refus de l'”analyse sauvage”, il n’y a pas de contrat de thérapie.

J.N.Toreau, après lecture de Ryngaert, le jeu dramatique en milieu scolaire.