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Art contemporain

Voir de l’art contemporain ?

Faut-il emmener les jeunes voir de l’art contemporain ? Évidemment …, mais pourquoi ?

Une multitude de mouvements

Qu’est-ce que l’art actuel ? C’est l’art d’aujourd’hui, l’art vivant, multiple, créé par les artistes mais aussi par le public qui interagit avec les œuvres, et par les institutions, qui les montrent.

Un art vivant
Sa définition est très liée à la notion de temps. Il regroupe une ou deux générations à peine et couvre à peu près la seconde moitié du vingtième siècle. Cet art est variable et multiple, toujours en mutation, insaisissable donc. Comment se repérer alors dans ce « bouillon de culture » ? Quelles que soient les différentes orientations prises par les artistes, elles obéissent toutes à la même constante : l’art ne répond plus aux critères que l’on a toujours attendus de lui. Le plaisir que trouvait le public dans l’esthétique, l’harmonie visuelle ou l’érudition n’existe plus. Dorénavant, l’art soulève des questions, dérange et met à l’épreuve celui qui regarde l’œuvre, dans sa compréhension du monde et dans sa propre relation aux autres.

Un art multiple
On nous l’avait annoncé: l’art devait mourir. Pourtant, pendant ces quarante dernières années, un très grand nombre de mouvements ou même de démarches individuelles ont vu le jour : gestes spontanés ou réfléchis, éphémères ou durables. L’art contemporain ne peut donc se définir en un seul mot, comme il ne peut se réduire à une succession de mouvements. Les artistes tentent, en groupe ou bien seuls, d’apporter leur pierre à l’édifice. Ces tentatives simultanées se contredisent parfois ou bien abondent dans le même sens. Il serait vain de citer tous les mouvements ayant existé. Cependant, dans le tableau chronologique (voir ci-contre) les noms de groupes ou d’artistes marquants donnent une indication de la variété et de la diversité de l’art actuel.

L’œuvre face au public
L’exposition de l’œuvre (si exposition il y a) engage l’artiste face à son public. L’œuvre est donc exposée à la critique. L’institution qui montre l’œuvre (musée, galerie, collection privée ou publique…) entre aussi dans le processus de création de l’œuvre. Les lieux où public et œuvre peuvent se rencontrer se sont multipliés depuis les dernières décennies. À travers eux, les réflexions de l’artiste et les interrogations du public face à l’art contemporain se rejoignent. Le rôle des musées est d’acquérir, conserver et proposer au regard du plus grand nombre les œuvres d’art contemporaines. Mais l’art apparaît aussi hors des institutions consacrées : il touche au monumental urbain ou même rural, souvent dans le cadre d’une commande publique (bordures d’autoroute, place municipale…). Il intervient parfois dans des lieux surprenants (usines désaffectées, immeubles en démolition). II s’affiche sur les murs de la ville, ou bien encore il existe dans un geste quasiment privé et anodin (le temps d’une carte envoyée par la poste ou même d’un fax par exemple).

Le public, partie prenante de l’œuvre
Qu’ils occupent l’espace public (la rue), pour détourner le spectateur du musée qu’ils jugent trop privilégié, ou qu’ils restent à l’intérieur de ce musée, les artistes utilisent la critique comme moteur de la réflexion sur la création. Ils mettent en question la capacité de perception du spectateur, forcent celui-ci à être en permanence en éveil, non seulement dans un lieu destiné à l’art, mais partout.
Ils attendent de lui de la disponibilité, espèrent en lui une pertinence du regard et souhaitent que la mise en contact ne fasse pas défaut. Le public se doit d’être toujours en alerte, et l’artiste, quant à lui, se doit de le stimuler. Aussi l’art contemporain ne répond-il plus aux questions « que vais-je peindre? », « quel thème traiter? », « quelle composition choisir pour mon tableau ? », mais plutôt aux interrogations « comment montrer ? » , « comment dire ? », « comment faire sentir ? ».
L’œuvre d’art s’interroge sur elle-même (un tas de charbon peut-il être une œuvre d’art ?), l’artiste se questionne sur son geste de créateur. À son tour, le public est amené à exercer son sens critique.

De la critique à la provocation
Certaines œuvres orientent leur critique sur l’époque et le contexte politico-social dans lequel elles naissent. Il s’agit souvent d’un cri de contestation poussé par l’artiste. Cela peut traduire une révolte, un malaise ou se résumer à une provocation. Nombreux sont les artistes contemporains qui considèrent qu’une fonction importante de l’art est de dénoncer, soulever une question ou tout simplement déranger (parfois par un bête pied de nez!).

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