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Un référentiel d’action

[Définition]
padc

Si vous faites des projets pour une année, semez du blé. Si vous faites des projets pour dix ans, plantez un arbre.

L’ensemble des actions socioculturelles d’un établissement constitue un dispositif éducatif « de fait » : il se construit généralement chaque année, mobilise des compétences, des opportunités locales, des ressources diverses (temps, moyens, espaces…) et il s’affiche sous la forme d’une programmation.

Mais celle-ci ne peut se confondre avec le volet culturel de l’établissement, qui se doit, lui, répondre à un certain nombre de questions de fond :

  • Quelle est la stratégie de l’établissement dans ce champ éducatif ?
  • Qu’est-ce qui la justifie ?
  • Par quel diagnostic est-elle étayée ?
  • Quelles sont les priorités de ce dispositif ?
  • Comment se traduit-il en termes de parcours éducatifs ?
  • Est-il présenté aux usagers du service public d’éducation ? Est-il discuté avec eux ?

Chercher à répondre à ces questions, c’est précisément l’objectif de la démarche d’écriture du PADC, qui aboutira à un référentiel destiné à concevoir, piloter et évaluer le dispositif.

PADC = référentiel d’action…

Dans le référentiel de métier des enseignants d’ESC, le Projet d’Animation et de Développement Culturel figure comme un cadre déterminant de la politique éducative de l’établissement :

« L’équipe de professeurs d’éducation socioculturelle propose et élabore, en concertation avec la communauté éducative, un projet d’animation et de développement culturel au bénéfice de l’ensemble de l’établissement public local de formation et d’enseignement professionnel agricoles et de son territoire. »

Le PADC décline la mission d’action socioculturelle dans le projet d’établissement, « en concertation avec la communauté éducative » : il constitue donc un des volets de la politique éducative du Projet d’établissement de l’EPL, en lien avec le projet de la vie scolaire (auquel il participe sans s’y réduire).

  • Il définit, dans le champ culturel et artistique, la politique éducative visant tous les publics en formation : élèves, apprentis et stagiaires.
  • Il dessine l’architecture du dispositif et précise ses finalités et objectifs, ses moyens, et ses modalités d’évaluation.

Le référentiel ESC pointe par ailleurs la notion d’ « équipe » de professeurs d’ESC autour de la mission d’animation : le PADC est élaboré par les équipes éducatives, les personnels d’ESC en sont  la cheville ouvrière, sous la responsabilité du chef d’établissement ; il adopté par le CI et le CA de l’établissement (Article 136 de la loi du 9 juillet 1999).

Rappelons d’abord que le PADC n’est pas un catalogue d’actions, aussi renseigné et pertinent soit-il, puisqu’il est écrit, comme l’ensemble du projet d’établissement dans lequel il s’insère, pour les 3 ou 4 années qui suivent. C’est un texte « politique », négocié et validé, qui définit, à partir d’un diagnostic, les axes stratégiques du dispositif pour l’animation et le développement culturel : il constitue donc le document de référence pour la programmation, laquelle décline annuellement les objectifs du PADC. En ce sens, celui-ci est bien un référentiel pour l’action qui, comme tous les référentiels, est affiché, évalué, et modifiable.

Puisqu’on oublie souvent que le volet culturel s’intègre dans la définition et les processus d’élaboration d’un projet d’établissement, rappelons-en les enjeux : « le projet d’établissement constitue le projet stratégique de chaque EPLEFPA (…) dans son environnement territorial et partenarial. En effet, il permet à l’établissement de se projeter à moyen terme et de répondre aux principaux enjeux suivants : exprimer l’identité de l’établissement, en particulier dans son territoire ; s’accorder, au sein de la communauté éducative, sur la mise en œuvre des valeurs et des orientations communes ; choisir les objectifs qui guideront prioritairement l’action de l’établissement. » (Circulaire DGER/SDEPC 2015 de 2005.)

Et de même que le Projet d’Établissement constitue le référentiel de l’établissement, le PADC est la formalisation momentanée du projet éducatif de l’établissement, dans le champ de l’action socioculturelle. Pour lever toutes craintes, rappelons enfin que le PADC, comme le projet d’établissement, n’est pas inscrit dans le marbre : il est amendable chaque année, sur la base de l’évaluation qui en est faite, et des modifications de contexte qu’il s’agira de prendre en compte.

Enfin, le référentiel actualise localement le cadre des référents institutionnels (c’est-à-dire les dispositions réglementaires définies par un certain nombre de textes législatifs et administratifs qui s’imposent à tous les établissements) qu’il conjugue avec toute une série de référents locaux : nature des publics, compétences des équipes, opportunités locales, partenariats…. Et c’est tout l’intérêt du PADC que de préciser les cadres contraints, ceux qu’on construits, ceux qu’on choisit, bref de contextualiser localement les directives de la politique publique dans le cadre de l’autonomie de l’établissement.

L’ensemble de cette démarche qui aboutit à la production d’un référentiel, c’est ce que Gérard Figari a nommé la référentialisation :

« La référentialisation consiste à repérer un contexte et à construire, en le fondant sur des données, un corps de références relatif à un objet, pour lequel pourront être établis des diagnostics, des projets de formation et des évaluations ». Gérard Figari, Évaluer, quels référentiels ? De Boeck, 1994.

… d’un dispositif éducatif…

Le dispositif d’éducation socioculturelle

Disons d’abord que ce que nous pouvons nommer, dans l’enseignement agricole le dispositif local d’éducation socioculturelle, correspondrait, à l’éducation nationale, au dispositif local d’éducation artistique et culturelle, à condition de prendre la précaution de vérifier que les référents institutionnels et les périmètres des actions qu’ils englobent sont bien équivalents dans les deux types d’établissement.

Un dispositif ne se réduit pas à un simple catalogue d’actions singulières, juxtaposées, dont on chercherait après coup à justifier la complémentarité et la pertinence ; c’est, au sens premier du mot, la « manière dont sont disposées, en vue d’un but précis, les pièces d’un appareil » : autrement dit, en ce qui nous concerne ici, un dispositif est la manière de produire, d’agencer et d’évaluer les actions socioculturelles.

C’est pourquoi, en l’absence de PADC, nous appelons « dispositif de fait » un dispositif local qui ne peut s’appuyer sur aucun référentiel, et qui ne peut donc pas être « piloté ».  C’est en effet ce rôle essentiel d’instrument de pilotage du dispositif que joue le PADC, et c’est bien le moins que ce document de référence soit construit en concertation, négocié et validé, puisqu’il lui revient, de définir, à partir d’un diagnostic, les axes stratégiques et objectifs opérationnels, les plans d’action (et non les actions), les critères et indicateurs (non pas de chaque action mais du dispositif).


… en lien avec la politique éducative de l’établissement

D’autres secteurs de l’établissement sont invités à élaborer leur propre référentiel d’action avec lesquels le PADC peut (et devrait logiquement) construire des liens.

On peut ainsi citer :

On peut aussi se référer aux textes concernant la vie scolaire (voir page Une exigence partagée)

Le PADC trouve du sens en assemblant comme les pièces d’un puzzle les aspects culturels et artistiques de la politique éducative de l’établissement.

Un exemple de PADC : celui du Lycée d’AUCH.

Pour aller plus loin dans la méthodologie : les apports de Gérard Figari.