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Les missions d’animation

Le développement, ce n’est pas ce qu’on apporte, c’est ce qu’on fait éclore » . E. Pisani

Vers une éthique de l’action d’animation ?
L’animation est une réalité professionnelle à construire : bien qu’elle soit partie intégrante du statut et des fonctions des enseignant.e.s d’ESC, elle dépend fortement du terrain où elle s’exerce. Les circulaires et le référentiel métier qui régissent cette partie du travail sont assez précis, cependant, en fonction des territoires, des histoires personnelles et des « cultures » d’établissement, la mise en œuvre de l’animation n’est pas une transposition, mais bien une construction.

animationDans chacun des 3 pôles où s’exercent les compétences de l’animat.eur.rice, les publics, et donc les intentions, diffèrent :

  • Dans le cadre de l’ALESA, il s’agit essentiellement d’un appui à la prise de responsabilité par les élèves pour accompagner l’administration de l’association ou bien encore de proposer des ateliers d’expression.
  • Dans le cadre de l’établissement, il s’agit de concevoir des actions s’adressant à l’ensemble des apprenants, de rendre possibles des parcours culturels, en lien avec les autres membres de l’équipe pédagogique.
  • Dans le cadre du territoire, il s’agit de mettre en relation des acteurs locaux de l’action culturelle, l’ALESA et l’établissement pour que les apprenants prennent part au développement local et que l’établissement contribue ainsi à sa mission d’animation.

La connaissance des publics, des partenaires et des terrains est indispensable, mais on ne peut pas attendre de tout connaître avant de commencer… Ces connaissances peuvent se construire au fur et à mesure de l’action d’animation, dès lors que l’animat.eur.rice aura posé clairement des intentions qui’il.elle saura faire évoluer, adapter. Pour faire simple : ce qu’il.elle souhaite que les jeunes développent (autonomie, capacité d’expression, …) mais aussi le
cadre de référence et de valeurs qui sous-tend son action : dans le cas de l’ESC, celui de l’éducation populaire.

Une situation d’animation implique que l’animateur remplisse trois fonctions :

  • susciter (être force de proposition : proposer des ouvertures, des rencontres, perturber l’ordre en place, déstabiliser),
  • solliciter (être force « de demande » : aller vers l’autre, demander une aide, impliquer l’autre),
  • accompagner (être force d’appui : maîtriser la méthodologie et l’accompagnement du projet, savoir orienter en fonction des besoins, maîtriser les règles de base de l’administration et de la gestion d’activités, mettre en relation, écouter).

Ces fonctions sont au service d’apprentissages que les élèves doivent faire. L’animat.eur.rice propose, organise, accompagne, de façon concrète, une mise en application, une démonstration, un prolongement des objectifs de formation inscrits dans les référentiels des 3 domaines de l’ESC.
Au-delà de l’élève, c’est bien la personne dans toutes ses dimensions ainsi que les enjeux liés à son développement qui sont l’objet même des missions d’animation. C’est pourquoi il apparaît central que l’animat.eur.rice participe de la co-construction d’un environnement (un contexte éducatif) propice au développement (le projet éducatif, la mobilisation de ressources, la gestion des groupes, la construction du collectif…) et à la nécessaire dialectique individuation/socialisation.
Enfin, le périmètre de l’action, c’est bien l’ensemble de l’EPL ou du site (voir référentiel), et les collaborations sont obligées avec toute une série d’acteurs participants de l’action éducative : équipe de direction, équipe vie scolaire (voir les circulaires et notes de service concernant la Vie de l’établissement), équipe pédagogique et personnels non-enseignants.


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